Même dans mes lectures les plus noires sur l'avenir de la terre, jamais je n'aurais cru voir cela. Le ton état monté petit à petit entre les deux états, une idée de politiciens pour plaire à un public trop crédule. « C'est à cause d'eux..... » disaient-ils de chaque cotés, et bien sur, à force de se l'entendre dire, on y croit et lorsqu'on en croise un on y pense ~c'est à cause de lui~. De simples pensées, on est vite arrivé aux mots durs, puis aux gestes et maintenant aux armes. Et comme depuis le début, l'escalade est de plus en plus forte, d'une arme contre une personne, cette nuit, c'est un désastre humanitaire.
Ce soir, je me promène avec elle, il fait chaud mais une petite brise nous permet de le supporter. Nous sommes dans la plus grosse ville, dans un parc ou dans le rues, peu importe, ce qui compte, c'est d'être à deux. Nos discussions sont, pour la plupart, sur la folie qui s'est emparée de nos dirigeants, ils disent que LA bombe est prête, qu'il ne leur faudra qu'une excuse pour la lancer.
« C'est impossible » nous nous disons. Et pourtant...
Arrivé près du métro, une sirène macabre se fait entendre dans toute la ville et au loin, une lueur, comme un flash qui vous ébloui et dont la lumière reste imprégnée sur votre rétine. Pendant quelques secondes, nous restons paf puis elle me prends la main et m'emmène de force dans les souterrains du métro. Peu de temps après, alors que nous tournons dans les escaliers, un énorme bruit nous apprend que l'abri du métro venait d'être soufflé. Nous l'avions échappé belle.
Dehors, tout est dévasté, du centre de la ville jusqu'aux autoroutes qui l'entoure, tout a disparu, je me demande où sont mes amis, étaient-ils chez eux, dans un cinéma, sont-ils en vie ? Je prends mon GSM, plus de réseau, et merde. Il faut continuer, sinon, nous n'y survivrons pas.
Plus bas, toujours plus bas, il faut aller le plus bas possible, en haut, les bombes pleuvent, nous les entendons, boum, le sol tremble, boum, des cailloux nous tombent sur la tête. Il faut continuer. Quand nous sommes arrivés à la première rame, il y a déjà beaucoup de monde, certains crient, d'autres pleurent, la plupart sont hagard, ce n'est pas possible.
Nous avons continué notre chemin, en dessous, il y a d'autres souterrains, d'autres abris. C'est à mon tour de mener, elle hésite, elle veut retourner en haut, pour ses parents, ses amies. Je l'oblige à me suivre, il ne faut pas remonter, en haut, c'est la mort.
Rame 2, nous sommes au plus bas, on marche dans le dédale, l'impact des bombes se fait moins ressentir par ici, espérons qu'ils arrêtent un jour. Nous sommes bloqués, je m'assois, elle se blottit contre moi, on se regarde et maintenant ?
