Ce soir est un soir comme un autre, la lune est ronde et la petite fée médite sur sa vie, sur ses faits et gestes. Tout est calme, aucun bruit ne semble perturbé ce pur moment de bonheur. Soudain, un bruit sourd et inhabituel la fait sursauter, comme un grondement de tonnerre. Un cri guttural venant d'un monstre d'acier lui fait comprendre que la forêt est en danger.
Sa belle forêt, si vieille que des champignons poussent sur les branches des arbres. Si grande, qu'il faut des semaines pour en faire la traversée. Sa forêt est en danger.
La petite fée s'envola à toute vitesse en direction du bruit et commença à distinguer des voix. « Dépêchez-vous, bande de fainéant, on a pas toute la nuit pour enlever ces vieux arbres ».
« Oh non » se dit la fée, « ils veulent en détruire de nouveau, il faut que je les en empêche ».
La petite fée pria les arbres, essayant de les réveiller de leur sommeil ancestral, c'est le seul moyen pour les sauver. Un à un, elle sent les âmes des arbres lui répondre doucement, comme si le réveil après des siècles était une torture. Mais les hommes ont déjà arraché de leur terre des dizaines d'entre eux dont un très vieux chêne qui, venant de se réveiller, pousse un puissant cri avant de disparaître.
En entendant sa mort, les autres arbres se réveillent et se lèvent. Les hommes, étonnés un moment, passent à l'offensive. Ils brûlent et coupent le maximum de branches, mais les arbres, beaucoup plus fort, résistent facilement. Un seul coup de branche expédie quelques hommes à plusieurs mètres en leur broyant la plupart des os du corps. Un jeune bouleau, assaillit par une horde de bûcherons, est sauvé par un vieux frêne qui écrasa la tête et le corps des hommes grâce à ses puissantes racines.
De la bataille, aucun humain n'en est sorti vivant et nulle trace d'eux ne persistera car les arbres les ont enfouit sous la terre, « du bon compost » ont-il dit à la petite fée. Elle riait de bon c½ur, sa belle forêt était sauvée, il ne lui restait plus qu'à faire disparaître les monstres d'acier sous la mousse et les champignons.
La petite fée retourna sur son arbre et repris le cours de ses pensées, « jamais la forêt ne sera détruite, j'en fais la promesse. »



